Patek Philippe et la fiscalité

 
Patek Philippe pourrait être contrainte de se vendre ou quitter Genève. La marque a écoulé 55 000 montres l’an dernier. Elle prépare son 175e anniversaire avec un feu d’artifice de nouveautés

Patek Philippe, marque considérée par beaucoup d’experts et de collectionneurs comme la référence ultime dans l’horlogerie, tire à boulet rouge sur la fiscalité genevoise. Cette charge est tellement «étouffante» qu’elle pourrait carrément contraindre la manufacture à se vendre ou à délocaliser. En attendant, l’entreprise familiale prépare dans la sérénité Baselworld et son 175e anniversaire après un exercice 2013 de haut vol. Entretien avec son président Thierry Stern.

Le Temps: Quel bilan établissez-vous au titre de l’exercice écoulé?

Thierry Stern : C’était plutôt une année positive pour nous, dans un contexte somme toute assez difficile et mouvementé. Nous sommes très satisfaits. Nous avons beaucoup travaillé sur la clientèle locale et consolidé nos relations avec les clients de longue date et nos détaillants. Nous avons aussi mis l’accent sur les marchés américains et européens en particulier, ainsi qu’en Asie, avec à la clé énormément d’événements.

– Et en termes de ventes? De nombre de pièces?

– Nous avons écoulé l’an dernier grosso modo 55 000 montres l’an dernier, en légère croissance. Les volumes restent toutefois insuffisants vis-à-vis de la demande. Le volume de montres vendues par Patek Philippe s’est ainsi inscrit en hausse de 2 à 2,5% en 2013 par rapport à l’année précédente [ndlr: la marque familiale ne publie pas le détail de ses chiffres. Des analystes estiment ses ventes à près de 1,1 milliard de francs]. Le nombre de nos points de vente est resté stable, à 450, répartis dans 70 pays.

– En corollaire à la progression de vos ventes, vos effectifs ont-ils également augmenté?

– Ils s’inscrivent en légère croissance. Patek Philippe emploie désormais 1600 collaborateurs sur ses sites genevois, la manufacture de Plan-les-Ouates, qui est également son siège, et à Perly. Au total, avec nos autres unités de production en Suisse, nos filiales à l’étranger et nos salons de vente en nom propre, nous sommes désormais 2200 personnes. La période des grands travaux et des embauches importantes est terminée pour nous. Nous sommes parvenus à une hyper-maturité, tant au niveau des points de ventes, des filiales que de la production. Même si nous allons encore poursuivre la verticalisation industrielle ces prochaines années. Comme par exemple pour les organes réglants des montres.

– Vous avez toujours affiché votre circonspection face à l’envolée du marché chinois ces dernières années. Vous aviez raison au vu du recul des exportations horlogères de l’an dernier.

– La raison et le bon sens nous contraignaient à cette méfiance. C’est logique. Nous nous sommes basés sur l’expérience acquise par passé. Comme cela s’était passé avec les Japonais à l’époque. On savait donc gérer ce type de situation. Nous avons toujours considéré la Chine comme, en quelque sorte, la cerise sur le gâteau. Mais surtout comme un marché jeune qui peut changer très rapidement. C’est ce qui s’est produit. J’imagine que d’autres marques très exposées dans ce pays ont dû passablement souffrir du reflux des ventes. Pas nous.

– La Chine est donc un marché à risque…

– En quelque sorte, oui. Il existe différents dangers. Vous travaillez avec de nouveaux détaillants que vous ne connaissiez pas auparavant et vous ne savez jamais où vont vos montres. Il faut du temps pour construire des relations saines. Nous visons le long terme. Pour preuve, nous n’y avons que deux points de vente. Et ils ont davantage comme objectif d’expliquer qui nous sommes, quelle est notre philosophie. Ce qui nous permet d’éviter tout marché parallèle. Pour nous, la première priorité était de surcroît d’y établir un service après-vente digne de ce nom.

– Surtout que vous limitez volontairement votre production…

– Oui, mais cela ne nous empêche pas de perdre des parts de marché. On le sait très bien, au vu de l’évolution de l’horlogerie de ces dernières années. Mais c’est un état de fait volontaire, un choix assumé. Cela fait partie d’une certaine manière de notre stratégie. Il serait ainsi inutile de lutter contre certaines marques qui dépassent le million de pièces produites par an. Ce phénomène ne nous inquiète toutefois pas du tout. Nous préférons le marathon à un cent mètres trop risqué.

– Une sérénité impossible dans un groupe coté en bourse…

– Notre indépendance constitue en effet notre plus grand atout. Nous n’avons pas d’actionnaires qui exigent toujours et encore plus de ventes, plus de chiffres. Je pense que si la marque appartenait à d’autres actionnaires, nous aurions déjà dépassé les 100 000 montres par année, voire même 200 000, avec 1000 détaillants. Mais on perdrait autant en crédibilité et peut-être en qualité. Et ça, c’est hors de question pour nous. Car Patek Philippe s’attache à perpétuer le grand art horloger traditionnel et atteindre l’excellence.

– Et si on vous proposait quatre milliards pour racheter la marque? Tout n’est finalement qu’une question de prix…

– J’espère que Patek Philippe vaut bien davantage… [ndlr: rires] Aujourd’hui, nous ne sommes pas à vendre. C’est notre force et notre chance. Tout comme le sont nos valeurs de tradition, d’innovation, de qualité, de bienfacture et de rareté.

– Il n’y a donc que des avantages à votre situation…

– Presque. Le problème est que nous sommes quasiment un cas unique. Une sorte de rareté économique. Très peu de sociétés de notre taille sont encore en mains familiales. Le système actuel, notamment fiscal, n’est malheureusement pas fait pour nous aider.

Source et suite de l'interview: Le Temps

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