Accéder au contenu principal

Vente aux enchères depuis 1985

Actualités, Conseils – Expertisez Enchères

Commissaires-priseurs, nous partageons nos conseils pour estimer, vendre ou transmettre vos œuvres d’art : actualités, artistes, fiscalité et marché.
Temps de lecture : 8 minutes (1656 mots)

Arman, un des fondateurs des Nouveaux Réalistes

Arman-La-Fenice

HISTOIRE DE L'ART · NOUVEAU RÉALISME · ART CONTEMPORAIN

Arman (1928-2005) : biographie d'un pionnier du Nouveau Réalisme

 

Comment Arman a-t-il transformé les objets du quotidien en œuvres d'art ? Né à Nice en 1928 et mort à New York en 2005, Arman est l'une des grandes figures du Nouveau Réalisme. Des premiers Cachets aux Accumulations, des Colères aux sculptures monumentales, son œuvre interroge notre rapport aux objets, à la consommation et à la destruction.

Peintre, sculpteur et plasticien franco-américain, Arman a développé un langage immédiatement reconnaissable : plutôt que de représenter les objets, il les utilise directement pour composer ses œuvres.

Son parcours, de Nice à Paris puis à New York, accompagne les grandes transformations de l'art de la seconde moitié du XXe siècle.

ARMAN EN QUELQUES REPÈRES

Une carrière entre peinture, objets et sculpture

1928 : naissance à Nice sous le nom d'Armand Fernandez.

Années 1940 : formation artistique à Nice.

1949-1950 : études à l'École du Louvre, à Paris.

Années 1950 : développement des Cachets et des Allures d'objets.

1956 : exposition personnelle à la galerie du Haut-Pavé, à Paris.

1959 : développement des premières Accumulations.

1960 : exposition Le Plein et fondation du Nouveau Réalisme.

Années 1960 : développement des Colères, Coupes et Combustions.

Années 1980 : grandes sculptures et installations monumentales.

2005 : décès à New York.

1928-1954 : la jeunesse d'Arman et sa formation artistique

Arman naît le 17 novembre 1928 à Nice sous le nom d'Armand Fernandez.

Très jeune, il manifeste un intérêt pour le dessin et la peinture. Il se forme à l'École des arts décoratifs de Nice avant de poursuivre son apprentissage à Paris.

Entre 1949 et 1950, il étudie à l'École du Louvre, où il approfondit sa connaissance de l'histoire de l'art.

Ces années de formation précèdent l'émergence d'un langage personnel, qui va progressivement l'éloigner de la peinture traditionnelle.

Au cours des années 1950, Arman commence à explorer les empreintes et les traces laissées par les objets.

1954-1958 : les Cachets et les premières recherches sur l'objet

À partir du milieu des années 1950, Arman développe la série des Cachets.

Il utilise des tampons encreurs et leurs empreintes pour créer des compositions sur papier ou sur d'autres supports.

La répétition des marques devient un moyen de construire l'image.

Ces recherches annoncent un principe qui deviendra central dans son œuvre : l'accumulation d'éléments similaires.

En 1956, Arman présente une exposition personnelle à la galerie du Haut-Pavé, à Paris.

À la fin des années 1950, ses expérimentations se prolongent avec les Allures d'objets, réalisées à partir des traces produites par des objets en mouvement ou mis en contact avec un support.

Ces premières séries marquent une transition décisive : l'objet intervient directement dans le processus de création.

Découvrir un Cachet d'Arman daté de 1957

1959-1960 : les Accumulations et les Poubelles

À la fin des années 1950, Arman franchit une nouvelle étape en utilisant directement des objets manufacturés dans ses œuvres.

Ses Accumulations rassemblent des objets identiques ou apparentés, dont la répétition produit une composition nouvelle.

Les objets, initialement destinés à un usage quotidien, deviennent les éléments d'un ensemble artistique.

Avec les Poubelles, Arman introduit dans l'art des déchets et des rebuts, révélateurs des habitudes de consommation d'une époque.

Cette démarche peut être interprétée comme une réflexion sur l'abondance, le gaspillage et la mémoire matérielle de la société contemporaine.

En 1960, Arman présente Le Plein à la galerie Iris Clert, à Paris, en remplissant l'espace de la galerie d'objets et de déchets.

Cette intervention répond à Le Vide, exposition organisée par Yves Klein dans la même galerie en 1958.

Le dialogue entre ces deux démarches constitue un moment important de l'histoire de l'avant-garde parisienne.

1960 : Arman et la fondation du Nouveau Réalisme

Le 27 octobre 1960, Arman participe à la fondation du Nouveau Réalisme, mouvement théorisé par le critique d'art Pierre Restany.

Le groupe réunit notamment Yves Klein, Jean Tinguely, Raymond Hains, François Dufrêne, Jacques Villeglé, Martial Raysse et Daniel Spoerri.

Les artistes du Nouveau Réalisme développent des pratiques différentes, mais partagent un intérêt pour les matériaux, les images et les objets issus du monde contemporain.

Arman se distingue par son utilisation de la répétition, de l'accumulation et de la transformation des objets manufacturés.

Son travail contribue à remettre en question les frontières entre peinture, sculpture et objet ordinaire.

En savoir plus sur Arman et le Nouveau Réalisme

Les années 1960 : Arman entre la France et New York

Au début des années 1960, la carrière d'Arman prend une dimension internationale.

L'artiste développe des liens étroits avec New York, où il travaillera pendant une grande partie de sa vie.

Son œuvre rencontre alors un public élargi, dans un contexte artistique marqué par l'essor du Pop Art, de l'assemblage et de nouvelles pratiques sculpturales.

Arman poursuit ses recherches sur les objets, mais s'intéresse également à leur fragmentation et à leur destruction.

Les Colères, les Coupes et les Combustions : détruire pour créer

Les Colères constituent l'une des séries les plus célèbres d'Arman.

L'artiste détruit des objets, notamment des instruments de musique, puis utilise leurs fragments dans de nouvelles compositions.

La destruction devient ainsi une étape du processus créatif.

Les Coupes reposent sur une autre démarche : l'objet est sectionné, ce qui révèle sa structure et permet de recomposer ses différentes parties.

Avec les Combustions, Arman explore les effets du feu sur les objets.

Ces procédés ne sont pas interchangeables : chacun correspond à une intervention particulière sur la matière.

Ils traduisent néanmoins une même volonté de transformer des objets familiers en formes nouvelles.

Pourquoi Arman utilise-t-il autant les instruments de musique ?

Les instruments de musique occupent une place essentielle dans l'œuvre d'Arman.

Violons, violoncelles, trompettes et autres instruments apparaissent dans ses Accumulations, ses Colères, ses Coupes, ses inclusions et ses sculptures en bronze.

Leur structure offre de nombreuses possibilités plastiques : répétition, fragmentation, assemblage et transformation.

L'instrument perd alors sa fonction musicale pour devenir un objet visuel et sculptural.

Les œuvres consacrées au violon et à la trompette figurent parmi les sujets les plus reconnaissables de sa production.

Les années 1970-1980 : sculptures en bronze et œuvres monumentales

Au fil des décennies, Arman transpose ses recherches sur les objets dans des sculptures de formats et de matériaux variés.

Le bronze lui permet notamment de donner une forme durable à des compositions issues de la fragmentation et de l'assemblage.

Dans les années 1980, il réalise également des œuvres monumentales destinées à l'espace public.

À Paris, deux sculptures emblématiques sont installées à proximité de la gare Saint-Lazare : L'Heure de tous, composée d'horloges, et Consigne à vie, constituée de valises.

Ces installations prolongent à grande échelle le principe de l'Accumulation.

Elles montrent comment Arman parvient à transformer des objets ordinaires en œuvres monumentales.

Les années 1990 : nouvelles combinaisons et assemblages

Durant les années 1990, Arman poursuit ses recherches sur la combinaison et la transformation des objets.

Dans les œuvres associées aux Sandwiches Combo, il explore notamment l'association de fragments d'objets différents.

La rencontre de formes et de fonctions hétérogènes produit des compositions inattendues.

Les Accumulations demeurent également présentes dans sa production.

Cette période témoigne de la continuité de sa démarche, fondée sur une observation critique et plastique des objets de la société contemporaine.

2005 : la disparition d'Arman et son héritage artistique

Arman meurt à New York le 22 octobre 2005.

Son œuvre demeure associée à une transformation profonde du statut de l'objet dans l'art contemporain.

En faisant entrer les objets manufacturés, les déchets, les instruments de musique et les fragments du quotidien dans ses compositions, il a contribué à renouveler le langage de la sculpture.

Son héritage dépasse le Nouveau Réalisme et s'inscrit dans une histoire plus large de l'assemblage, de l'appropriation et de la critique de la société de consommation.

L'ŒIL DU COMMISSAIRE-PRISEUR

Comprendre la technique d'Arman pour comprendre son œuvre

 

Les Cachets, les Accumulations, les Colères, les Coupes et les bronzes édités appartiennent à des catégories très différentes. Pour identifier et estimer une œuvre d'Arman, il est essentiel de déterminer sa technique, sa période, son éventuel tirage et sa documentation.

Pour approfondir l'œuvre d'Arman

Retrouvez dans le magazine Expertisez plusieurs articles consacrés aux grandes séries de l'artiste et à des œuvres présentées aux enchères.

Arman : quelle est aujourd'hui la cote de ses œuvres ?

Le marché d'Arman concerne des œuvres très différentes : pièces uniques, Accumulations, sculptures en bronze, multiples, tableaux en relief, dessins et estampes.

Leur valeur dépend notamment de la période de création, de la technique, des dimensions, de l'état, de la provenance et de la documentation.

Pour découvrir les critères d'estimation et les différentes catégories du marché de l'artiste, consultez notre dossier spécialisé.

DOSSIER COTE & ESTIMATION

Arman : cote, estimation et prix aux enchères

Comprendre les différences de valeur entre les Accumulations, les sculptures, les bronzes édités et les œuvres sur papier d'Arman.

Découvrir la cote d'Arman

Faire expertiser et estimer une œuvre d'Arman

Vous possédez une sculpture, une Accumulation, un tableau ou une œuvre sur papier d'Arman ?

Expertisez Enchères propose une première estimation gratuite à partir de photographies et des informations disponibles.

Pour faciliter notre étude, transmettez des vues générales de l'œuvre, des photographies des signatures ou numérotations éventuelles, les dimensions ainsi que les documents de provenance.

Un examen complémentaire peut être nécessaire pour confirmer l'identification et envisager une présentation aux enchères.

EXPERTISEZ ENCHÈRES · ART MODERNE & CONTEMPORAIN

Vous possédez une œuvre d'Arman ?

 

Cachets, Accumulations, Colères, bronzes, tableaux en relief ou estampes : Expertisez Enchères étudie vos œuvres d'Arman en vue de leur estimation et de leur vente aux enchères.

Adressez-nous vos photographies et les informations dont vous disposez pour obtenir une première estimation gratuite et confidentielle.

Faire estimer une œuvre d'Arman

Article original : Sophie Couturier.
Texte actualisé et enrichi pour Expertisez Magazine.

Sources et références pour approfondir :

Articles en rapport