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Asger Jorn, grande figure de l'art danois

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 Asger Jorn (1914-1973), grande figure de l'art danois au XXe siècle.

Souvent confiné au mouvement Cobra dont il fut le cofondateur, cet autodidacte à l'appétit intellectuel universel est un personnage à dimension héroïque, mort à 59 ans presque le crayon à la main sur son lit d'hôpital. Sa vie de bohème est scandée par l'audace virile et la joie de créer, les voyages incessants et le rêve de Paris, la pauvreté parfois extrême et son corol-laire, la tuberculose, la reconnaissance tardive et la générosité naturelle envers les jeunes artistes et son Jutland natal.

Paisible comme un temple champêtre, le musée de Silkeborg est son musée. Même s'il ne porte pas (encore) son nom, comme en rêve son nouveau directeur, Jacob Thage, qui imagine de «faire valoir Jorn en le mettant en correspondance avec Picasso ou Munch ». Dans la lumière très blanche de l'hiver nordique, ce musée né de la volonté de l'artiste impose aussitôt un monde autre, très personnel, fait de liberté gestuelle, de réflexion et d'engagement politique au-delà des contingences de l'histoire. «Un vrai défi alors que d'imaginer pareille fondation dans une petite ville de province danoise », rappelle, avec dévotion, sa conservatrice, Dorte Kirkeby Andersen, qui a ouvert le fonds de près de huit cents dessins à Jonas Storsve, le commissaire de l'exposition à Beaubourg. Danois de Paris, il a choisi de résumer cette vie prolifique et accidentée en cent cinq œuvres sur papier, dessinant le portrait d'un « artiste multifonctionnel», plus complexe qu'il n'a été dit et qui, « par son humour, a su marier la fantaisie et l'intellect». Tenue comme un livre en trois chapitres, captivante comme une excursion en plein air, l'exposition « Jorn en dessins » donne envie de plonger plus avant dans l'imaginaire d'un artiste nourri par la statuaire médiévale nordique si inventive, comme l'attestent les églises romanes des environs de Silkeborg.

Léger en guise de Kandisky

«Asger Jorn, c'était l'intellectuel au galop, l'esprit toujours en quête d'idées, d'échanges, de découvertes. Destiné à être instituteur, brillant élève lui-même puisqu'il alla au lycée dans les années 1930 à une époque où moins de 5 % de la population danoise y arrivait, il aimait s'entretenir avec plus jeune que lui. Il vous entraînait dans n'importe quelle discussion, au-delà de vos compétences. Il parlait un danois très raffiné, à la Kierkegaard, parfois suranné comme quelqu'un prisonnier d'un espace-temps particulier du fait de ses perpétuels périples à l'étranger. Par son charisme et sa chaleur, Jorn avait une capacité particulière à révéler et utiliser le talent d'autrui », raconte, avec une foi intacte, Troels Andersen, son jeune disciple, né en 1940, devenu son biographe émérite, vingt ans après sa mort, et le premier directeur de son musée. Sec comme un cycliste aguerri par vents et marées, sans façons sous son petit bonnet de lutin en grosse laine, il est la mémoire vivante d'Asger Jorn, celui qui « ouvrit en archéologue les malles rapatriées par bateau au Danemark », classa manuscrits, dessins, regarda Stalingrad, son œuvre phare, année après année.

« Je le vois un peu comme le Juif errant, un polyglotte parfaitement libre en français - il écrit ses premières lettres dans un français phonétique très drôle -, à l'aise en allemand, se débrouillant en italien et en anglais. Il voyagea toute sa vie, affrontant des conditions très difficiles, la faim jusqu'à l'évanouissement, la pauvreté la plus radicale, la maladie récurrente, sans perdre de sa flamme. On peut le comparer au Linie snaps, cet alcool norvégien qui ne prend de la valeur qu'après avoir voyagé en bateau jusqu'à l'Équateur » , sou­ligne ce conteur extraordinaire d'un artiste bien peu ordinaire. « Son premier studio à Paris, quai de la Gare, n'était pas chauffé. Il y travaillait tout emmailloté. Il était venu à 22 ans à Paris pour être l'élève de Kandinsky, il atterrit dans l'atelier de Fernand Léger, si loin de sa nature. Il puisa dans ces deux courants opposés, comme dans le surréalisme, pour créer sa voie. Elle est unique. » source 

Asger Jorn sur le marché de l'art

Pour ainsi dire, toutes les œuvres de Asger Jorn séduisent un acquéreur. La cote de l'artiste est aujourd'hui stable oscillant entre 30.000 et 60.000 euros.

"A look into the past" est une huile sur toile 60 x 73 cm, adjugée 67500 euros pour une estimation de 70.000 à 90.000 euros

"L'âge d'or" est une huile sur toile de 59,5 x 39,5 cm acquise 38.400 euros, dans la fourchette d'estimation fixée entre 35.000 et 45.000 euros.

Les œuvres sur papier, souvent des aquarelles, atteignent des prix non négligeables à l'instar de "Two Heads", aquarelle et gouache mesurant 101 x 72,5 cm adjugée 25.900 euros.. Néanmoins, les aquarelles sont souvent de plus petites dimensions et les fourchettes de prix se situent entre 1.500 et 6.000 euros.

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Mots clés: Asger Jorn Cobra


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