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Christian Caillard, peintre du 9ème

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Christian Caillard

Après des études au collège Rollin, Christian Caillard se présente à l’École Centrale. Mobilisé en 1918, il sert dans l’artillerie, mais à son retour à la vie civile, il se décide à abandonner les sciences pour se consacrer à la peinture. Son oncle, Henri Barbusse, lui offre sa première boîte de peinture. En 1921, Christian Caillard entre à l’académie Biloul où il reste quelques mois et fait la connaissance d’Eugène Dabit, le futur auteur de L'Hôtel du Nord et du peintre Georges-André Klein. Puis en 1923, Caillard rencontre le peintre Maurice Loutreuil qui devient pour le jeune artiste, non seulement un maître, mais aussi un ami et un guide.

En 1927, Caillard exécute son premier séjour au Maroc. Encouragé par ce premier essai de dépaysement, il se résout à faire un long périple à travers le monde afin d’accumuler les croquis et les impressions. C’est ainsi qu’il visite successivement l’Indochine, Bali, Tahiti et la Martinique. De son long séjour à Tahiti, il laissera une fille qui restera vivre au sein sa famille.

Christian Caillard sera fidèle au 9e arrondissement de 1935 jusqu’à sa mort, en 1985, au 6 rue Clauzel, à deux pas du petit magasin où le père Tanguy vendait des couleurs... ou les échangeait contre des toiles aux plus grands artistes (Van Gogh, Pissarro, Gauguin, Cézanne, Monet, Renoir, et bien d’autres...) Christian Caillard a eu son atelier de peintre pendant cinquante ans. C’est là qu’il travaillait à Paris et qu’il rapportait ses toiles « moissonnées » à travers le monde. Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier dans les Vosges en 1940. Libéré en juin 1941, il recommence à peindre et, à partir de 1945, vient se fixer en Bretagne dont il aime les landes sauvages et solitaires.

En 1948, il rencontre Monette Pinat dont il aura deux fils, Vincent et Laurent, qui vivront au 61 de la rue du Pré-Saint-Gervais, dans le 19e arrondissement de Paris. Cette maison abritait l’atelier de Loutreuil qui laissa ses toiles et sa maison en mourant en 1925, « pour disposer de tout comme bon lui semblera », précisait-il dans son court testament révélateur de sa confiance en la fidèle amitié de Caillard.

Tout en partageant son temps entre Paris, Saint-Tropez et la Bretagne, Caillard refait de longs séjours au Maroc, au Mexique, en Grèce, en Espagne, où il acquiert une maison en 1956 à Javeaprès d’Alicante. En 1956, il rencontre Chantal de Marans dont il aura une fille, Elisabeth. A Vevey, en Suisse, Caillard participe en 1957 à l’exposition des « peintres de la réalité poétique ». Après une importante rétrospective à la galerie Durand-Ruel en 1963, il reprend son périple à travers le monde. Il séjourne une année à Madagascar en 1964, puis retourne plusieurs fois au Maroc en 1966, en 1968 et en 1970.

La Galerie de Paris lui organise en 1969 une prestigieuse exposition particulière. Il repart à Ceylan en 1971. En octobre 1972, la galerie des Granges à Genève présente une grande exposition de Caillard, « Cinquante ans de peinture », puis il séjourne six mois à Bora-Bora en 1973, voyage en Tunisie en 1974, à Bali en 1975, au Mexique en 1976. À son retour, la galerie André Weil lui consacre une rétrospective en octobre 1976. Puis il repart au Népal en 1979. De 1981 à 1985, il passe son temps entre son atelier parisien, sa maison de Javea en Espagne et l’île d'Ouessant.

En novembre 1984, il est une dernière fois présent à Genève, où la galerie de la Corraterie - faisant suite aux expositions qu'elle lui a consacrées en 1978-1979 et 1981 - présente ses œuvres récentes.

Après sa mort, la galerie Jean-Pierre Joubert lui rend hommage à Paris dès juin 1986, alors que la ville de Menton le reçoit en avril 1987 au musée du palais Carnolès, et qu’après une exposition à la galerie Künsthaus Bülher de Stuttgart en 1995, la ville de Paris lui consacre une importante rétrospective, en 1997, pour l’honorer en tant que « peintre du 9e ».

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