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Dans l’hôtel Walled Off de Banksy à Bethlehem

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Banksy en Palestine.

L’artiste britannique d’art de rue anonyme Banksy a fait les gros titres en octobre quand son oeuvre d’une valeur de 1,4 millions de dollars (1,22 M€), La fille au ballon, se détruisit par elle-même via un broyeur dissimulé dans le cadre, lors d’une vente aux enchères à Londres, peu après son achat.

Mais, dans la ville palestinienne de Bethléem, un projet artistique de Banksy bien plus ample – un hôtel qui vante « la pire vue au monde »- semble être préservé, de façon inattendue, d’une même destruction planifiée.

A son ouverture, en mars de l’année dernière, l’hôtel Walled Off – limité par le mur de béton de huit mètres de hauteur construit par Israël pour encager Bethléem – était sensé ne fonctionner que pour un an. Mais près de deux ans plus tard, quand j’ai rejoint ceux qui y séjournent dans une des neuf chambres conçues par Banksy, il était clair qu’il marchait de mieux en mieux.

Au départ, l’hôtel Walled Off a été conçu comme une installation artistique temporaire et provocatrice, faisant du mur oppressif de 700 km de long qui coupe la terre palestinienne occupée, une attraction touristique improbable. Les visiteurs attirés à Bethléem par l’art de Banksy – tant à l’intérieur de l’hôtel que devant le mur colossal qui se dresse à l’extérieur – goûtent brièvement mais puissamment à ce qu’est la vie des Palestiniens à l’ombre de l’infrastructure d’enfermement de l’armée israélienne.

Contre toute attente, il s’est avéré si réussi, qu’il a rapidement rivalisé comme attraction touristique majeure avec le site de pèlerinage traditionnel de la ville, ce lieu réputé être le lieu de naissance de Jésus, l’Église de la Nativité. « L’hôtel a attiré 140 000 visiteurs – des Israéliens, des Palestiniens, aussi bien que des étrangers – depuis son ouverture » dit Wissam Salsa, le cofondateur et directeur palestinien de l’hôtel. « Il a donné un sérieux élan à l’activité touristique palestinienne »

L’exception à la règle de Banksy

L’hôtel Walled Off est, de fait, une suite du « Dismaland Bemusement Park »2 créé par Banksy dans le cadre plus familier et plus sûr qu’un complexe touristique britannique.

Pendant cinq semaines, cette installation située à Weston-super-Mare, dans le Somerset, en Angleterre, a offert à des vacanciers une version dystopique d’un parc de loisirs dans le style Disney, avec un champignon atomique, des expérimentations médicales qui tournent mal, des boat people piégés en haute mer et l’histoire de Cendrillon racontée comme un accident de voiture.

Mais, Banksy semble, contrairement à son habitude, réticent à suivre ce qu’il a fait avec La fille au ballon et Dismaland et à détruire sa création de Bethléem. Quelque 21 mois plus tard, celle-ci apparaît comme un élément permanent du paysage touristique de cette petite ville.

Etant donné le côté notoirement insaisissable de Banksy, on peut difficilement être sûr de la raison pour laquelle il a fait une exception pour l’hôtel Walled Off. Mais connaissant aussi sa sympathie notoire pour la cause palestinienne, quelques raisons se présentent d’elles-mêmes. L‘une est que, s’il était prêt à abandonner l’hôtel, les autorités militaires israéliennes en seraient ravies. Elles adoreraient voir disparaître l’hôtel Walled Off – et, avec lui, une raison majeure de mettre l’accent sur un aspect particulièrement laid de l’occupation israélienne. De plus, la démolition de l’hôtel ferait désagréablement écho à la politique appliquée de longue date par Israël, qui consiste à chasser les Palestiniens de leur terre – pour libérer invariablement de l’espace pour des colonies juives.

Israël affirme énergiquement que le mur a été construit pour aider à la sécurité contre les « terroristes » palestiniens. Mais le tracé du mur face à l’hôtel Walled Off coupe Bethléem d’un de ses lieux saints les plus importants, la tombe de Rachel, et il a permis à des extrémistes religieux juifs de s’en emparer.

Un exemple rare de réussite

En conservant l’hôtel, Banksy semble avoir été influencé par le « soumoud » palestinien, mot arabe pour constance, un engagement à rester ferme face à la pression et à l’agression israéliennes. Mais il est significatif qu’une considération pratique intervienne: l’hôtel Walled Off est rapidement devenu une réussite rare dans les territoires occupés et a boosté l’économie palestinienne qui lutte pour se maintenir. Cela s’est produit malgré les plus gros efforts d’Israël d’ infléchir la courbe du tourisme à Bethléem, notamment en faisant de la visite du mur et d’un checkpoint israélien une expérience frustrante.

L’hôtel Walled-Off est limité par un mur de béton de huit mètres de hauteur construit par Israël. Walled-Off Hotel. Heidi Levine / The National

L’attitude d’Israël a été mise en évidence l’an dernier quand le ministre de l’intérieur a publié une directive à l’intention des agences de voyage les avisant de ne pas emmener des groupes de pélerins à Bethléem pour y passer la nuit.

À la suite du tollé produit, le gouvernement a reculé, mais le message était clair. Salsa remarque que l’hôtel Walled Off a non seulement attiré une nouvelle sorte de visiteurs à Bethléem, mais qu’il a aussi convaincu nombre d’entre eux de passer du temps dans d’autres parties de la Cisjordanie également.

Salsa comprend, personnellement, l’importance du tourisme. C’était un guide au chômage lorsque des amis communs l’ont présenté à Banksy en 2005, peu après l’achèvement de la construction du mur qui coupe Bethléem de Jérusalem toute proche. La ville était morte au plan économique, les touristes ayant trop peur de se rendre dans ses lieux saints, à cause des soulèvements armés qui faisaient rage dans les territoires occupés. La deuxième Intifada de 2000 à 2005 a été la réponse palestinienne au refus d’Israël de leur accorder l’État viable que la plupart des observateurs avaient tenu pour implicite dans les accords d’Oslo des années 1990.

Banksy est arrivé en 2005 pour peindre à la bombe à peinture ce qui était alors une surface largement intacte et à y créer une série d’images frappantes. Il a déclenché une vague d’imitateurs locaux et étrangers. À Bethléem, le mur est rapidement devenu une toile géante pour la résistance artistique, dit Salsa.

Bien après, en 2014, Banksy a eu l’idée de l’hôtel. Salsa a trouvé un grand bâtiment d’habitation abandonné depuis plus de dix ans à cause de sa proximité avec le mur. Le Walled Off était né secrètement. « C’était un endroit fou pour un hôtel » dit Salsa. « L’avoir trouvé donnait l’impression d’une intervention divine. C’était proche de la route principale menant à Jérusalem, donc personne ne pouvait nous ignorer ».

La réalité des Palestiniens

L’hôtel était aussi, et c’est important, dans un des quelques secteurs de Bethléem appartenant à la « Zone C », les parties de la Cisjordanie classées par les accords temporaires d’Oslo comme sous contrôle israélien total. Cela voulait dire que l’armée ne pouvait pas empêcher les Israéliens de s’y rendre. « Aujourd’hui, il n’y a pas de voies ouvertes entre Palestiniens et Israéliens. Aussi, l’hôtel Walled Off est un des rares espaces où des Israéliens peuvent se rendre et avoir un goût de la réalité vécue par les Palestiniens ».

« En vérité, les Israéliens viennent surtout pour voir le côté artistique. Mais ils ne peuvent pas faire autrement que d’apprendre pas mal de choses tant qu’ils sont là ».

Salsa est heureux que l’hôtel Walled Off procure un bon salaire à 45 employés locaux et à leurs familles. Son espoir en ouvrant l’hôtel était « d’encourager plus de touristes à rester à Bethléem et qu’ils entendent notre histoire, notre voix ».

Mais la grande vision de Banksy a été complètement justifiée, dit-il. « L’hôtel Walled Off permet aux touristes d’expérimenter notre réalité.

Vue d’une des chambres de l’hôtel de Banksy. L’hôtel fait sa promotion avec « la pire vue au monde ».Photo Heidi Levine / The National

Mais il insiste aussi sur d’autres façons créatives de lutter et de s’exprimer plus fortement. Il propose l’art comme un modèle de résistance.

« L’hôtel magnifie la voix palestinienne. Et il nous fait entendre du monde d’une manière qui ne repose pas sur l’augmentation des pertes subies par nous ou par les Israéliens ».

L’impact mondial

L’impact continu de l’hôtel a été souligné le mois dernier quand il a été présent pour la première fois au stand palestinien à la manifestation annuelle du Marché mondial du Voyage à Londres, le plus grand salon de l’industrie touristique du monde. L’événement attire 50 000 professionnels du voyage qui traitent plus de 4 milliards de dollars (3,5 milliards €) de contrats pendant le salon.

Banksy avait annoncé à l’avance qu’il apporterait une reproduction d’une de ses œuvres d’art situées sur le mur juste à côté de l’hôtel de Bethléem : des chérubins essayant de séparer deux blocs de béton à l’aide d’une barre à mines. Il promit aussi une affiche en édition limitée montrant des enfants se servant d’un des miradors de l’armée israélienne comme d’un manège. Un slogan en légende dit ceci : « Visitez la Palestine historique. L’armée israélienne l’a tellement aimée qu’elle ne l’a jamais quittée ! ». Il en est résulté une ruée au stand palestinien, l’un des plus petits, qui a pris les organisateurs du salon au dépourvu.

Rula Maayah, la ministre palestinienne du tourisme a félicité Banksy pour le changement d’image qu’il produit du tourisme en Palestine, en redirigeant des jeunes en Cisjordanie, souvent pendant qu’ils sont en visite en Israël. « Il fait la promotion de la Palestine et se centre sur l’occupation, mais en même temps il parle de la beauté de la Palestine » a-t-elle dit.

À l’hôtel Walled Off, néanmoins, Israël a rendu très difficile de voir la beauté. La plupart des fenêtres ne donnent pas grand chose d’autre à voir que le mur qui écrase à la fois en hauteur et en largeur le mur de Berlin auquel il est souvent comparé. Tout cela fait partie de « l’expérience » du Walled Off qui attire désormais non seulement des visiteurs plus riches désireux de séjourner dans une des chambres de l’hôtel, mais un public bien plus étendu d’excursionnistes à la journée.

L’hôtel Walled Off a eu tellement de succès en si peu de temps que même certains locaux reconnaissent qu’il vole la vedette à l’Église de la Nativité – du moins en nombre de visiteurs. Un chauffeur de taxi du cru qui véhiculait deux sœurs françaises le long du mur près de l’hôtel a dit que nombre de touristes indépendants donnaient désormais la priorité au mur sur l’église.

Ne souhaitant se présenter que sous le prénom de Nasser, il a dit : « il se peut que nous ne sachions pas qui est Banksy, mais la vérité est qu’il a fait une faveur considérable avec cet hôtel et avec son art ».

Un sanctuaire dans un État policier

Si Dismaland a créé un parc de loisirs dystopique au milieu d’un complexe de bord de mer rempli de distractions, l’hôtel Walled Off offre un petit sanctuaire de sérénité – même s’il est chargé politiquement – dans un environnement qui ressemble davantage à un État policier après l’apocalypse.

Un touriste canadien pose avec un panneau disant à sa mère qu’il va bien en se tenant contre le mur de séparation de huit mètres de haut construit par Israël au voisinage de l’hôtel Walled Off de Banksy dans la ville palestinienne de Bethléem, le 24 novembre 2018. Le mur-barrière est devenu une toile géante de la résistance artistique. (Photo : Heidi Levine pour The National).

Le long du haut du mur, il y a d’innombrables caméras de surveillance et des excroissances de miradors, où des soldats israéliens présents en permanence restent hors de vue derrière des vitres fumées. Ils peuvent sortir à l’improviste, généralement pour mener des attaques sur les maisons de Palestiniens sans méfiance.

Lors de ma visite au Walled Off en octobre, me garant à l’extérieur, j’ai découvert une demi douzaine de soldats israéliens armés sur le toit terrasse de l’hôtel. Lorsque l’un d’eux m’a fait signe de la main, je me suis demandé si j’avais été pris dans un des célèbres canulars artistiques de Banksy. Mais ce n’était pas le cas. Ils étaient vrais – présents pour surveiller des extrémistes juifs célébrant une fête religieuse près de la tombe de Rachel.

Le lobby de l’hôtel, mais pas les chambres, est facilement accessible au public. Il est conçu comme un mélange déroutant : partiellement hommage insolent à la distinction contrainte de la vie coloniale britannique, et partiellement espace d’exposition chaotique pour l’art de rue subversif de Banksy. Les visiteurs peuvent déguster un thé british à la crème, servi dans la porcelaine la plus fine, s’asseoir sous l’œil de multiples caméras de surveillance israéliennes accrochées aux murs comme des trophées de chasse ou à côté d’un portrait de Jésus marqué au front d’un point rouge du rayon laser d’un tireur.

Une histoire de résistance

Le lobby donne sur un musée qui est probablement le plus complet en termes de documentation des méthodes variées de colonisation et de contrôle d’Israël sur les Palestiniens et de l’histoire de leur résistance.

À l’entrée se tient une marionnette représentant Lord Balfour, le secrétaire aux affaires étrangères qui, il y a 101 ans mit en place le parrainage britannique de la colonisation de la Palestine. Il a publié l’infamante Déclaration Balfour qui promettait la patrie des Palestiniens au peuple juif. Appuyez sur un bouton et Balfour surgit et signe avec férocité la déclaration sur son bureau. À l’étage se trouve une grande galerie où sont exposées quelques pièces du meilleur de l’art palestinien et la réception de l’hôtel organise deux visites du mur par jour.

L’accès aux chambres est caché derrière une porte secrète, masquée en bibliothèque. Les clients doivent agiter une clef de chambre qui a la forme d’un morceau du mur face à une petite statue de Vénus ; le geste fait briller son menton en rouge et la porte s’ouvre.

Un escalier mène aux second et troisième étages, où les paliers sont décorés d’un éclat colonial terni et d’art de Banksy. Des peintures kitsch de bateaux, des paysages et des vases de fleurs sont cachés derrière un grillage métallique serré du type de ce qu’Israël utilise pour protéger ses jeeps militaires des lanceurs de pierres.

Un panneau « Désolés – hors service » est accroché en permanence à un ascenseur, ses portes semi-ouvertes révélant qu’il est, en fait, muré.

Pas de souvenirs

Bien que Banksy ait conçu le design des pièces sur un mode thématique, seules certaines pièces sont dotées d’œuvres originales ; c’est dans la suite présidentielle qu’il y en a le plus.

Peinture murale de l’artiste graffeur Banksy figurant ,dans l’une des chambres, un membre de la police des frontières israélienne et un Palestinien engagés dans une bataille de polochons. Sipa Press

Les hôtels peuvent être habitués à ce que les clients prennent du shampoing et du savon, même des serviettes bizarres comme souvenirs de leur séjour. Mais au Walled Off les enjeux sont un peu plus élevés. Les hôtes reçoivent un inventaire qu’ils doivent signer en partant, où ils déclarent qu’ils n’ont dérobé aucune pièce d’art de leur chambre. Mais c’est le mur lui-même, dont la présence domine, gigantesque au-dessus des visiteurs tandis qu’ils vont et viennent, les coinçant dans un espace étroit entre l’entrée de l’hôtel et une étendue uniforme de gris.

Un certain nombre visite la boutique voisine de graffitis, Wall Mart3, où on peut recevoir de l’aide pour savoir comment laisser sa marque sur le béton. La plupart des graffitis occasionnels sont éphémères, l’espace étant régulièrement nettoyé pour que de nouveaux venus puissent gribouiller leurs messages et faire de l’art un outil de résistance.

Des pièces-manifestes

Les œuvres d’art mieux connues de Banksy sont néanmoins préservées ailleurs du pandémonium de la peinture à la bombe.

Les chérubins armés d’une barre à mines qu’il a apportés à Londres ont été peints à temps pour Noël l’an dernier, lorsqu’il a recruté le réalisateur de cinéma David Boyle – connu pour Le Pouilleux millionnaire – à mettre en scène une nativité alternative pour des familles locales sur le parking de l’hôtel. La BBC a fait un documentaire de l’Alternativité, qui donne à voir un vrai âne et de la vraie neige produite par une machine située sur le toit du Walled Off. Banksy avait une fois de plus trouvé un moyen de persuader la TV en prime-time de mettre en lumière le mur israélien d’oppression.

Une autre œuvre d’art est « Er Sorry », un reste de « la fête de rue de l’excuse » de novembre de l’an dernier, qui marquait le centenaire de la signature de la déclaration Balfour. Des enfants de deux camps de réfugiés voisins ont été invités à porter des casques de protection à l’effigie de l’Union Jack et à agiter des drapeaux britanniques carbonisés. Une personne habillée en Reine Elizabeth II a dévoilé « Er Sorry »imprimé dans le mur. Le nom évoque à la fois une excuse hésitante de la Grande Bretagne et un jeu de mots sur les initiales du titre officiel en latin de la Reine, Elizabeth Regina.

L’événement a cependant montré que le message subversif de Banksy, principalement destiné à des publics occidentaux, ne passe pas bien dans certaines parties de la population palestinienne locale. La fête a été kidnappée par des militants locaux qui ont collé un drapeau palestinien dans le gâteau décoré avec l’Union Jack et ont scandé « Free Palestine ».

Est-ce du tourisme de guerre ?

Salsa rejette purement et simplement l’argument de certains critiques locaux et étrangers disant que l’hôtel exploite la misère des Palestiniens et constitue un exemple de « tourisme de guerre ».

Il fait remarquer : « La fête Balfour a intéressé les media à une histoire qu’ils n’auraient pas couverte autrement, parce qu’elle ne comportait pas de violence ni de bain de sang ».

Le musée dans l’hôtel contient de nombreuses expositions et installations multimedia montrant les différentes méthodes israéliennes de colonisation et de contrôle sur les Palestiniens et l’histoire de leur résistance. Heidi Levine / The National

Il ajoute que la partie de Bethléem dans laquelle se situe le Walled Off aurait été réduite à néant si Banksy n’avait pas investi ses propres fonds et son temps dans le projet. De même qu’au personnel, l’hôtel a fourni du travail à des guides touristiques, des chauffeurs de taxi, des hôtels avoisinants, plus abordables, des magasins et des stations-service. « C’est une forme de résistance très importante » dit-il.

C’est aussi un exemple rare où des Palestiniens ont récupéré de la terre qui était aux mains de l’armée israélienne. De l’autre côté du mur il y avait un grand camp de l’armée jusqu’à ce que l’hôtel se mette à attirer un nombre significatif de visiteurs.

« L’armée n’aimait pas que des tas de touristes prennent des photos dans sa proximité, aussi sont-ils allés plus loin, hors de vue ».

Souvenirs éternels

Un touriste canadien de 30 ans, Mike Seleski, est venu à l’hôtel voir la production artistique de Banksy avant de se mettre devant le mur. Il a dit qu’il avait entendu parler du Walled Off par un Israélien avec lequel il avait noué des liens d’amitié au Vietnam pendant une année de voyage.

Ce fut un détour pendant son séjour en Israël – son seul passage dans les territoires occupés. « Je n’aime pas les expériences touristiques habituelles » dit-il. « Il est important d’entendre l’autre côté de l’histoire quand on voyage ».

Dans chacun des 32 pays qu’il a visités, il s’est fait prendre en photo devant un lieu célèbre, avec un panneau portant des mots destinés à rassurer l’inquiétude de sa mère : « Mam, ça va ».

À Bethléem, il a dit qu’il était évident de prendre la photo devant l’art de Banksy sur le mur plutôt qu’à l’Église de la Nativité. « On voit le mur à la télé et on l’oublie. La vie reprend son cours. Mais quand on est ici, on réalise que les Palestiniens n’ont pas le choix. Ils ne peuvent tout simplement pas l’ignorer ».

Source : The National


Prochaine vente aux enchères

mercredi 20 novembre 15h

 

CLAUDE LALANNE

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