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Édouard Vuillard, un artiste intimiste

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Édouard Vuillard , symbolisme et spiritualité

Édouard Vuillard est le fils de Joseph François Henri Vuillard et d´Alexandrine Justinienne Marie Michaud. À sa naissance, son père était percepteur des contributions directes et sa mère sans emploi.

Vuillard est élevé à Paris dans une modeste famille. Il côtoie au lycée Condorcet le musicien Pierre Hermant, l'écrivain Pierre Veber et le peintre Maurice Denis. En 1885, il quitte le lycée et rejoint Ker-Xavier Roussel, son plus proche ami, au studio du peintre Diogène Maillart. Ils y reçoivent les rudiments de l'enseignement artistique. Vuillard commence alors à fréquenter le musée du Louvre et se décide à suivre une carrière artistique, cassant ainsi avec la tradition familiale qui le destine à l'armée.

Au mois de mars 1886, il entre à l'Académie Julian, où il a pour professeur Tony Robert-Fleury. En juin 1887, à sa troisième tentative, il est admis à l'École des beaux-arts de Paris. L'année suivante, pendant six semaines, il a pour professeur Jean-Léon Gérôme. Pendant ses études, Vuillard s'intéresse aux natures mortes réalistes et aux intérieurs domestiques. Les artistes allemands du xviie siècle l'intéressent particulièrement. Plus tard, Vuillard peint aussi de grands panneaux décoratifs représentant des paysages.

En 1889, Maurice Denis le convainc de se joindre à un petit groupe dissident de l'Académie Julian, qui réalise des œuvres empreintes de symbolisme et de spiritualité, et qui s'autoproclame « confrérie des Nabis ». Paul Sérusier développe dans le groupe nabi un amour de la méthode synthétiste, qui repose sur la mémoire et l'imagination plus que sur l'observation directe. Vuillard, d'abord réticent à l'idée que le peintre ne cherche pas à reproduire de façon réaliste ce qu'il voit, finit, vers 1890, par s'essayer à ses premières œuvres synthétistes.

Vuillard a représenté de nombreuses scènes d'intérieurs comme celui qu'il habitait avec sa mère jusqu'à la mort de cette dernière en 1928. La douce atmosphère de ces scènes de la vie quotidienne, dont il fait un sujet de prédilection, le qualifient comme artiste « intimiste ». Il a cependant contesté trouver le plus d'inspiration dans ces « lieux familiers »3.

Il est élu membre de l'Académie des beaux-arts en 1938. Début juin 1940, il tombe malade. Ses amis Lucy et Jos Hessel, qui avaient décidé de quitter la capitale devant l'avancée des troupes allemandes, ne veulent pas le laisser seul à Paris et le transportent à La Baule2 où il meurt quelques semaines plus tard au Castel Marie-Louise. Il est inhumé à Paris, au cimetière des Batignolles.

Activité théâtrale

Grâce à son amitié avec Lugné-Poe, qui fut l’un des grands réformateurs du monde théâtral de la fin du xixe siècle et de la première moitié du xxe siècle, Vuillard s'est engagé dans la mise en scène du théâtre idéaliste, notamment dans les années 1890. Vuillard a partagé un atelier, situé au 28 rue Pigalle à Paris 9e, avec Lugné-Poe, Pierre Bonnard et Maurice Denis, dès le début des années 18904.

Il a accompagné Lugné-Poe aux répétitions du Conservatoire de Paris que ce dernier avait fréquenté, et à la Comédie-Française où Lugné-Poe a essayé de trouver des protecteurs pour les jeunes amis peintres en montrant leurs œuvres aux acteurs5. Vuillard a laissé quelques dessins et aquarelles qui représentent les acteurs (par exemple, Coquelin-Cadet) dans leurs rôles.

C’est en 1890 que Vuillard a commencé à collaborer avec les théâtres expérimentaux. Tout d’abord, il a dessiné un programme lithographié, en couleurs, de Monsieur Bute, pièce de Maurice Biollay (26 novembre 1890), pour le Théâtre-Libre d’André Antoine, auquel Lugné-Poe a participé comme acteur. Il a aussi fait des projets de programmes pour ce théâtre naturaliste, mais ils n’ont pas abouti à des programmes lithographiés.

Ensuite, il a participé au théâtre d’Art fondé en 1890 par un poète, Paul Fort. Alors que sa collaboration avec le théâtre Libre est restée assez limitée, Vuillard, ainsi que d’autres nabis ont établi une plus profonde complicité entre ce théâtre idéaliste, soutenu par les intellectuels symbolistes, et les habitués du café Voltaire, tels Édouard Dujardin, André Fontainas, Jean Moréas ou Alfred Valette, directeur du Mercure de France et époux de Rachilde (Marguerite Eymery)6. Vuillard a été sollicité, comme d’autres Nabis, non seulement pour l’illustration de programmes, tel Le Concile féerique, pièce de Jules Laforgue montée le 11 décembre 1891, et pour la création des décors et des costumes. Quelques dessins de sa main sont publiés dans la revue Livre d’Art dont Paul Fort est directeur et Remy de Gourmontrédacteur, qui paraît en mai 1892. Il réalise le décor de La Farce du Pâté et de la Tarte dont Maurice Denis façonne les marionnettes et dessine les costumes que réalisent Marie Vuillard, sœur d'Édouard, et France Ranson, la femme de Paul Ranson qui, lui, illustre le programme.

L’originale et riche, mais courte expérience du théâtre d’Art a été confiée au théâtre de l’Œuvre dont les fondateurs sont Lugné-Poe, Camille Mauclair et Vuillard. Celui-ci a donné le nom « Œuvre » qu’il avait trouvé par hasard en tournant les pages d’un dictionnaire, et il est un des plus assidus collaborateurs de ce théâtre, notamment dans les premières saisons7 .

Vuillard a brossé le décor et a dessiné le programme pour Rosmersholm de Henrik Ibsen que Lugné-Poe appréciait : « Édouard Vuillard fut prestigieux d’invention économique, d’ingéniosité pour créer la décoration scénique et l’atmosphère ? Le décor du deuxième acte imprima à notre jeu de la distinction et de l’intimité. Pour la première fois, on jouait vraiment de l’Ibsen à Paris. Le drame fut présenté avec une très belle litho[graphie] de Vuillard, la première de la série des lithos-programmes dont “l’œuvre” eut à s’enorgueillir8. » Mais les conditions dans lesquelles ont souvent été réalisés ces décors étaient précaires9.

Parmi les autres dessinateurs de programmes de l’Œuvre, Vuillard en a créé le plus grand nombre, y compris ceux pour Un ennemi du peuple (1893), Solness le constructeur (1894) et Les Soutiens de la société (1896) d'Ibsen, Âmes solitaires (1893) de Gerhart Hauptmann, Au-dessus des forces humaines (1894 et 1897) de Björnstjerne Björnson, L'Image (1894) et La Vie muette (1894) de Maurice Beaubourg, La gardienne (1894) de Henri de Régnier.

Les tableaux de Vuillard sont-ils encore accessibles sur le marché de l'art ?

Les prix de vente des tableaux sont assez variables : "Le goûter" est une huile sur carton adjugée 14.000 euros, aux côtés d'une huile sur carton "Intimité adjugée plus de deux millions d'euros sur une estimation de 400.000 à 600.000 euros. De grandes disparités qui permettent encore l'achat de tableaux de Vuillard.

La disparité est la même pour les dessins, les prix variant de 3.000 à plusieurs centaines de milliers d'euros.

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Mots clés: Edouard Vuillard


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CLAUDE LALANNE

 

 

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