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L'Abstraction collection Gandur

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« Au cœur de l’abstraction, provenant de la collection de la fondation Gandur pour l’art », à la Fondation Maeght

La Fondation Gandur

Avant d’attaquer le sujet de l’abstraction et l’angle proposé, rappelons que la fondation Gandur a été créée en 2010 par Jean Claude Gandur, homme d’affaires, mécène et grand collectionneur, pour rendre accessible au public sa collection.

Outre le lieu magnifique qu’est la fondation Maeght qui peut accueillir de grands formats des artistes présentés, Jean Claude Gandur souligne que "beaucoup d’entre eux figurent aussi dans la collection Maeght. Parmi les œuvres de ces artistes, certaines sont passées par la galerie Maeght tandis que d’autres ont même été acquises auprès d’elle". Cette exposition est donc une sorte d’hommage rendu au travail du célèbre collectionneur Aimé Maeght. 

L'abstraction de 1945 à 1980 en France

L’angle de vue est une sélection d’œuvres reflétant une période clé pour l’abstraction s’étirant de 1945 à 1980 autour de 120 tableaux et une cinquantaine d’artistes majeurs.

Organisée autour de neuf sections thématiques, l'exposition montre l'évolution de l'art non figuratif et ses différents courants, des années 1950 à la fin des années 1980.

Cette collection d’art abstrait de la seconde moitié du XXe siècle se concentre sur des artistes français ou ayant travaillé en France.

Pour n'en citer que quelques-uns :  Georges Mathieu, Sam Francis, Joan Mitchell, Victor Vasarely, Alexander Calder, Jean Tinguely, le groupe Supports/Surfaces, Pierre Soulages, Martin Barré, Simon Hantaï, Pol Bury, Jean Degottex, Lucio Fontana, Judit Reigl.

Qu'est ce que l'abstraction ?

Resituons le contexte de l’abstraction : au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, « Paris outragé, Paris brisé, Paris mais Paris libéré », pour reprendre les mots du Général de Gaulle en 1944, retrouve son statut de capitale culturelle mondiale.

Une démarche de liberté exprimée par des artistes, dont nombreux ont été exilés, qui retrouvent leur pays dans un cadre d’une effervescence intellectuelle et artistique tant dans le domaine de la peinture, de la sculpture, du cinéma ou de la littérature.

Alors l’art abstrait n’est bien entendu pas né au lendemain de la seconde guerre mondiale puis qu’il domine tout le XXème siècle, en rupture avec un art traditionnel figuratif proche de la nature.

Une œuvre abstraite n’imite pas de facto le réel, mais en s’affranchissant de tout lien avec le réel, l’artiste peut exprimer sa démarche jusqu’au bout sans aucun limite.

Cette période de l’après-guerre marque un autre tournant pour l’art abstrait, où les artistes vont aller plus loin que leurs compères avant-gardistes de la première moitié du XXème siècle, en explorant l’interrogation au travers de questionnement sur la matière, les supports, les techniques et la gestuelle. 

L’abstraction offre alors un champ de création infini, "loin d’un art figuratif considéré comme dévoyé par les régimes totalitaires" comme le rappelle Yan Schubert, conservateur de la Fondation Gandur pour l’Art et commissaire de l'exposition Au coeur de l'abstraction.

Quatre décennies sont retracées dans un parcours chronologique, et qui met en exergue les recherches faites :   art informel, tachisme, abstraction lyrique et gestuelle, expressionnisme abstrait, abstraction géométrique – et des querelles de style (une abstraction dite “chaude”, lyrique et gestuelle vs une abstraction “froide”, plus géométrique)

Un dénominateur commun : des tableaux de grande qualité, qui laissent entrevoir de manière indéniable du choix d’un homme dont la collection balaie l’abstraction lyrique de Mathieu, l’abstraction géométrique de Vasarely, des œuvres cinétiques de Calder et Tinguely jusqu’à des œuvres du groupe supports/ surfaces dont je suis moins friande qui ont remis en question les  moyens picturaux traditionnels marquant  à la fois une conclusion à cette période d’expérimentation intense et le début d’une évolution qui se poursuit encore aujourd’hui.

Mon point de vue

Une exposition époustouflante qui reflète les choix et un parti pris d’un collectionneur, qui n’a commis aucune erreur !

Si notre regard est rassuré par des artistes que nous avons l’habitude de voir, l’intérêt réside dans un dialogue parfaitement réussi entre des tableaux que l’on aurait peut-être pas vu présenté ainsi : des tableaux de Georges Mathieu atypiques des années 50 face à des Riopelle époustouflants et j’avoue avoir découvert certains artistes comme Ernest Briggs, Jack Youngerman , Alfons Schilling , Jo Delahaut ou certains artistes italiens comme Salvatore Scarpitta.

Mes coups de coeur

Grand cachet d’Arman produit à l’encre et gouache sur papier marouflé sur toile, 

Agrafage (1961) de César, des lames de bois agrafées sur panneau

Opus 49 B (1953) de Gérard Schneider

Composition, 1950 de Jean Paul Riopelle

Meta Herbin, 1955, de Jean Tinguely

Composition en rose 1954 de Serge Poliakoff

Une belle initiative de ces deux fondations qui ont su mettre à disposition un pan de notre histoire de l’art au travers le choix d’un collectionneur averti.

 

 

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