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Max Ernst, le grand inventeur d'images
Max Ernst · Surréalisme · Collage · Frottage
Max Ernst, le grand inventeur d'images
Max Ernst (1891-1976) est l'un des artistes les plus inventifs du XXe siècle. Peintre, sculpteur et graveur, il participe au mouvement dada avant de devenir l'une des figures majeures du surréalisme.
Collage, frottage, grattage, décalcomanie : son œuvre se caractérise par une expérimentation permanente des techniques et par une volonté de faire surgir des images échappant au contrôle rationnel de l'artiste.
Max Ernst, de Dada au surréalisme
Né à Brühl, en Allemagne, en 1891, Max Ernst entreprend en 1909 des études à l'université de Bonn. Il s'intéresse notamment à la philosophie, à la psychologie et à l'histoire de l'art avant de se consacrer progressivement à la création artistique.
Profondément marqué par la Première Guerre mondiale, il participe après le conflit au mouvement dada à Cologne. Cette période constitue un moment essentiel de son parcours : Ernst remet en question les conventions artistiques et expérimente de nouvelles manières de produire des images.
Le collage devient notamment l'un de ses principaux moyens d'expression. En rapprochant des fragments d'images qui n'étaient pas destinés à se rencontrer, il crée des compositions étranges dans lesquelles le réel bascule vers l'imaginaire.
Installé à Paris en 1922, Max Ernst se rapproche d'André Breton, Paul Éluard et des artistes qui participeront au développement du surréalisme. Après la publication du Manifeste du surréalisme en 1924, il occupe une place majeure dans le mouvement.
Le collage : créer de nouvelles images
Max Ernst utilise le collage dès la période dada, mais en développe une conception très personnelle. Il puise notamment dans des gravures, des catalogues et des publications illustrées afin de construire des scènes entièrement nouvelles.
L'association d'éléments hétérogènes produit un univers à la fois familier et inquiétant, caractéristique de son imaginaire.
Cette recherche trouve une expression particulièrement ambitieuse dans ses romans-collages, notamment La Femme 100 têtes, publié en 1929, et Une semaine de bonté, publié en 1934.
Le frottage : faire intervenir le hasard
En 1925, Max Ernst développe le frottage, procédé qui deviendra l'une des techniques les plus caractéristiques de son œuvre.
Une feuille de papier est placée sur une surface présentant un relief — planche de bois, tissu, feuille végétale ou autre matière — puis frottée avec un crayon. Les textures ainsi obtenues deviennent le point de départ de nouvelles images.
Ces recherches aboutissent notamment à la publication en 1926 de Histoire naturelle, ensemble de frottages dans lequel formes végétales, minérales et animales semblent se transformer les unes dans les autres.
Le grattage : transposer l'expérience à la peinture
Max Ernst transpose ensuite ses recherches du frottage à la peinture avec le grattage.
La toile peinte peut être placée sur des surfaces présentant des reliefs puis travaillée afin de faire apparaître des textures et des formes imprévues. Ces accidents deviennent ensuite le point de départ de paysages, de forêts, de créatures ou de constructions imaginaires.
Le hasard n'est donc pas une finalité : il fournit à l'artiste une matière visuelle qu'il transforme et réinterprète.
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Quelle est la valeur d'une œuvre de Max Ernst ?
Peintures, dessins, collages et sculptures peuvent atteindre des niveaux de prix très différents. Les lithographies, gravures et estampes constituent quant à elles un marché généralement plus accessible.
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Décalcomanie et expérimentation picturale
À la fin des années 1930, Max Ernst utilise également la décalcomanie, procédé expérimenté auparavant par Óscar Domínguez.
L'application puis le transfert de la peinture permettent de faire apparaître des textures complexes que l'artiste transforme en paysages fantastiques et en formes organiques.
Ces différents procédés témoignent d'une même préoccupation : provoquer l'apparition de formes qui ne seraient pas nécessairement nées d'un dessin préparatoire ou d'une composition entièrement préméditée.
Max Ernst aux États-Unis
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Max Ernst quitte l'Europe et rejoint les États-Unis en 1941. Il s'installe à New York, où se retrouvent alors plusieurs artistes européens.
Il poursuit ses expérimentations et utilise notamment un procédé consistant à faire osciller au-dessus d'un support un récipient percé contenant de la peinture. Ces recherches autour du mouvement et du hasard précèdent le développement de certaines pratiques de l'expressionnisme abstrait américain.
Il rencontre également l'artiste Dorothea Tanning, qu'il épouse en 1946. Après plusieurs années passées aux États-Unis, le couple revient vivre en France au début des années 1950.
La sculpture dans l'œuvre de Max Ernst
La sculpture constitue un autre aspect important de sa production. Son intérêt pour cette discipline se développe notamment au contact d'artistes comme Alberto Giacometti et Jean Arp.
Les sculptures de Max Ernst reprennent plusieurs éléments caractéristiques de son imaginaire : figures hybrides, oiseaux, personnages fantastiques et formes évoquant des créatures issues d'un monde mythologique personnel.
Peinture et sculpture ne constituent donc pas deux univers séparés. On y retrouve les mêmes transformations entre l'humain, l'animal, le végétal et le fantastique.
Forêts, oiseaux et créatures : l'univers de Max Ernst
Au-delà de ses innovations techniques, Max Ernst construit un vocabulaire iconographique immédiatement reconnaissable.
Les forêts, les oiseaux, les astres, les paysages pétrifiés et les créatures hybrides apparaissent régulièrement dans son œuvre. Les frontières entre les différents règnes semblent s'effacer : l'humain devient animal, le végétal se transforme en architecture et les paysages prennent l'apparence de mondes imaginaires.
L'oiseau occupe une place particulière dans cette mythologie personnelle. Ernst développe notamment la figure de Loplop, personnage-oiseau qui apparaît à plusieurs reprises dans son œuvre et fonctionne parfois comme une sorte d'alter ego de l'artiste.
Une œuvre reconnue internationalement
Max Ernst reçoit le Grand Prix de peinture de la Biennale de Venise en 1954. Il obtient la nationalité française en 1958.
Son œuvre fait ensuite l'objet de nombreuses expositions et rétrospectives internationales. Max Ernst meurt à Paris le 1er avril 1976.
Son influence dépasse largement le mouvement surréaliste. Ses recherches sur le hasard, la matière, le collage et les processus automatiques ont contribué à renouveler profondément les possibilités de création de l'image au XXe siècle.
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