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Ossip Zadkine, esprits d'ateliers

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Musée Zadkine :  la célébration des 40 ans de ce lieu

Après une promenade au Jardin du Luxembourg, où j’ai passé une grande partie de mon enfance, j’ai voulu retourner au musée Zadkine où je n’étais pas allée depuis 30 ans, attirée par les affiches placardées à Paris, annonçant les 40 ans de ce lieu.

Je vous emmène aujourd’hui au musée Zadkine, rue d’Assas à Paris où se tient actuellement l’exposition « Ossip Zadkine, vie d’ateliers ».

Le musée Zadkine célèbre ses 40 ans, ayant ouvert ses portes au public en 1982, grâce au legs de son épouse Valentine Prax, qui était elle-même artiste.

Il s’agit de la maison-atelier d’Ossip Zadkine et de son épouse où le couple y a vécu 40ans de 1928 à 1967.

Cette exposition vise à rentrer dans l’intimité de ce lieu de vie et d'ateliers, où les deux artistes ont pu créer dans un environnement très apaisant.

Avant de vous parler plus précisément de cette exposition, revenons,pour ceux qui ne le connaisse pas, à Ossip Zadkine

Né en Biélorussie, Zadkine s'est installé à Paris en 1910 après avoir fréquenté une école d'art à Londres.

À Paris, il étudie brièvement dans l'atelier de Jean-Antoine Injalbert avant de se mettre à son compte.

Le début de sa carrière est fortement lié à celle du mouvement cubiste naissant, et Zadkine rencontre régulièrement Brancusi, Picasso, et plus tard Modigliani, avec qui il partagera un atelier après la Première Guerre mondiale.

À partir de 1925, Zadkine développe des compositions plus complexes, comportant souvent plusieurs figures et un jeu de plans convexes et concaves.

Entre 1923 et 1937, Ossip Zadkine voyage et séjourne en Italie, en Hollande, Angleterre, Grèce, New York et, en 1941, il s'exile aux Etats-Unis par la crainte du danger nazi puis revient en France une fois la seconde guerre mondiale terminée.

En 1947 est mis à jour son premier projet pour le "Monument à une ville détruite" que lui ont inspiré les ruines du Havre et de Rotterdam (Pays-Bas).

En 1950, il obtient le Grand Prix de sculpture de la Biennale de Venise. De 1955 à 1956, il voyage au Canada, Pays-Bas, Belgique et Israël. En 1960, il obtient le Grand Prix National des Arts.

Il meurt à Neuilly-sur-Seine en 1967 et repose à Paris, au cimetière Montparnasse.

La production artistique de Zadkine s'échelonne sur un demi-siècle et comprend plus de 400 sculptures, des milliers de dessins, aquarelles et gouaches, des gravures, des illustrations de livres et des cartons de tapisserie

Revenons à l’exposition.

Tout d’abord ne soyez pas surpris, le lieu n’est pas grand, et je vous conseille vivement de vous renseigner sur les pics de fréquentation car dimanche dernier, il y avait beaucoup de monde, voire trop de monde pour apprécier le lieu comme havre de paix.

L'exposition revient sur l'ensemble de la carrière de Zadkine, depuis son arrivée en France en 1910. De son atelier à Montparnasse, jusqu'à la maison de la rue d'Assas, en passant par la Première Guerre mondiale et son voyage aux États-Unis, le parcours de l'exposition retrace les grands moments de la vie du sculpteur.

Près de 100 œuvres forment le parcours de l’exposition, qui compte une belle sélection de chefs-d’œuvre de Zadkine, dont un prêt exceptionnel, mais aussi des peintures de Prax rarement montrées et de nombreuses photographies inédites, qui permettent d'illustrer la vie de l'artiste . Certaines sont de grands photographes, comme André Kertész ou Marc Vaux. Elles occupent l’ensemble des salles du musée dans une scénographie qui semble vouloir évoquer « l’esprit d’atelier ». Pour ma part, je n'ai pas été très convaincue.

3 parties rythment cette exposition  :

Zadkine à Montparnasse

À la Ruche et dans l’atelier de la rue Vaugirard au début des années 1910, Zadkine crée ses premières têtes en pierre.  Vers 1913, l’installation dans un nouvel atelier rue Rousselet, plus grand et plus lumineux, permet à la sculpture de Zadkine de s’épanouir. Il sculpte alors des bois monumentaux et expérimente la technique du ciment.

Zadkine à Assas

Son épouse Prax et Zadkine s’installent en 1928 dans cette maison-atelier où il rapatrie les  sculptures nées dans les précédents ateliers,

À cette même période, Prax et Zadkine font l’acquisition d’une maison dans le village des Arques qui devient leur deuxième maison-atelier. Les œuvres voyagent de Paris aux Arques ou des Arques à Paris.

Vivre et travailler dans l’atelier

Plusieurs photographies dévoilent l’accumulation des sculptures dans l’atelier, aux côtés d’objets du quotidien, samovar, livres et accordéon, formant l’univers artistique du couple.

La vie de Zadkine dans les ateliers est aussi celle de la transmission, par l’enseignement de la sculpture, débuté aux États-Unis, qu’il continue en France dans différents ateliers autour de la maison de la rue d’Assas, où il reçoit également nombre d’élèves et un large cercle de connaissances. Du vivant de Zadkine déjà, la maison-atelier devient un lieu d’accueil et de rencontres.

Après le décès du sculpteur en 1967, Valentine Prax, son épouse, tout en poursuivant sa carrière de peintre, se consacre à la protection et au rayonnement de l’œuvre de Zadkine. En 1978, elle lègue à la Ville de Paris la totalité de ses biens, à charge pour la municipalité de concevoir un musée rue d’Assas.  Le 15 avril 1981, Valentine Prax meurt. Un an plus tard, le 19 avril 1982, le musée Zadkine est inauguré, la maison-atelier est devenu l’atelier-musée. Si je dois donner mon avis concernant cette exposition , vous savez que j’ai toujours aimé les ateliers d’artistes ou les demeures où ils ont vécu, mais je trouve que ce lieu n’a plus aucune âme et l’exposition est plutôt plate, bien que certains documents d’archive demeurent intéressants.

Si l’esprit d’atelier était le but recherché, me concernant je n’y ai trouvé aucun esprit présent.

Cette exposition se tient jusqu’au 2 avril 2023 :

Une curiosité si vous ne connaissez pas ce lieu. Comme le disent les bons guides : à voir mais ne mérite ni le détour, et encore moins le voyage.

Nous avions vendu aux enchères en 2021 un beau dessin de Zadkine, que l’artiste avait fait dans le cadre d’une séance de photos accordée au photographe Richard de Grab.

Pour vous plonger dans l’ambiance atelier, permettez-moi de  vous faire partager ces quelques photographies de Zadkine dans son atelier par Richard de Grab.

Elodie Couturier

 

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