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Jean Fautrier représentant de l'art informel

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Jean Fautrier

Jean Fautrier est considéré avec Jean Dubuffet, comme l’un des peintres le plus représentatif de l’art informel en France, avec son plein essor dans la période de l’après-guerre de 1945 à 1960. Mais il choisit de toujours rester de son vivant à l’écart de la scène artistique officielle.

L’art informel regroupe à la fois le courant de l’abstraction lyrique avec ses techniques d’expressions essentiellement gestuelles, le matiérisme sont l’objet est de travailler les matières sur les surfaces de la toile, et par rapprochement, le spatialisme dont les recherches portent sur les dimensions de l’espace et du temps et sur la lumière.
D’autres courants, comme le mouvement CoBrA, le Groupe Gutai, l’expressionnisme abstrait en Allemagne, l’Action Painting aux Etats-Unis de Jackson Pollock peuvent être rapprochés aussi de ce mouvement pictural de la fin du XXème siècle.

Jean Fautrier est né le 16 Mai 1898 à Paris et, à la mort de son père, il est recueilli par sa grand-mère irlandaise. Au début des années 1910, il s'installe avec sa mère à Londres et entre admis à la Royal Academy dès l'âge de ses quatorze ans. Il est très marqué dès cette époque par les travaux de Turner qui restera pour lui une référence tout au long de sa vie.
En 1917, il est mobilisé dans l'armée française et se trouve gazé dans les tranchées près de Montdidier.

Il parvient à se rétablir et s'installe à Paris après la guerre et expose pour la première fois en 1921, date à laquelle commence véritablement sa carrière de peintre. Il se lie d’amitié avec André Malraux qui lui fait connaître le milieu intellectuel parisien. 

Il expose ses premiers tableaux à la Galerie Fabre en 1923, et réalise en 1927 une série de peintures figuratives portant sur différents thèmes tels que portraits, natures mortes, nus et paysages dans lesquelles les couleurs sombres prédominent. En 1933, il se partage entre sculpture, peinture, et gravure, et réalise une édition illustrée de l’Enfer de Dante pour les Editions Gallimard, qui finalement n’aboutira pas.

Ses quelques succès en peinture ne lui suffisent pas et il décide de devenir moniteur de ski à Tignes. En 1934, il crée là une boîte de jazz dont il gardera la gestion jusqu’en 1939. De temps en temps, il continue cependant de peindre.
De retour à Paris, il noue des liens d’amitiés avec Francis Ponge, Paul Eluard, Georges Bataille et Jean Paulhan. Il s’engage peu après dans la résistance, et se réfugie courant 1943 dans la clinique du Docteur Le Savoureux installée dans l’ancienne maison de Chateaubriand à Châtenay Malabry.

En 1943, il réalise sa vingt-deuxième et dernière sculpture, la grande « Tête d'otage », tandis qu’il utilise la Villa Barbier abandonnée, proche de là, comme cache d’armes pour les résistants.
Il poursuit là en même temps ses activités artistiques, et notamment la série intitulée « Les Otages » très marqué qu’il est par l’occupation allemande et par les exécutions perpétrées à quelques pas de là, dans l’actuel « Mémorial des Fusillés ».

En 1945, à la fin de la guerre, Jean Fautrier décide de louer la Villa Barbier et de s’y installer avec sa famille. Il travaille à l’illustration de différents livres, dont ‘ L’Alleluiah » de bataille. Il expose cette même année à la Galerie Drouin, avec un catalogue d’oeuvres présentées par André Malraux.

Mais Jean Fautrier ne parviendra pas à une réelle sécurité matérielle avec la vente des ses tableaux, et déçu par ses ventes, il essaie avec sa compagne Janine Aeply , en 1950 de mettre au point un procédé de production, 
« les originaux multiples » lui permettant de vendre des peintures moins chères qu’elles ne sont proposées par les galeristes.

Entre 1953 et 1956, Jean Fautrier poursuit ses expositions en France et à l’étranger, malgré le faible succès de ses oeuvres. 
En 1956 , en réaction à l'invasion de Budapest par les russes il reprend le motif des « Otages » pour la suite des « Têtes de partisans », comme variations sur le poème de Paul Eluard "Liberté, j'écris ton nom" écrit en 1942.

Il poursuit son travail les années qui suivent avec des toiles plus structurées dans lesquelles se superposent et s’entrecroisent des lignes colorées, des stries, et grilles à plusieurs côtés

En 1960, il reçoit le Grand Prix de la Biennale de Venise et fait en 1963 deux donations importantes, l’une au Musée d’Ile de France dont « Les Otages » et l’autre
au Musée d’Art Moderne de Paris

En 1961, Michel Couturier obtient un contrat exclusif avec Jean Fautrier

Une grande exposition de son oeuvre est organisée durant l’été 1964, qu’il n’aura pas le temps de visiter, car il décède à Châtenay Malabry le 21 juillet 1964, le jour où il devait épouser Jacqueline Cousin, la compagne qui partageait sa vie à la Maison Barbier depuis deux ans.

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